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Société à responsabilité illimitée (SRI/ULC) au Canada : Nouvelle-Écosse, Alberta et C.-B.

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· Avocat (Ontario)
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Une société à responsabilité illimitée (SRI, ou ULC pour unlimited liability company) est une société dont les actionnaires peuvent être personnellement responsables de ses dettes. Seules trois provinces les permettent : la Nouvelle-Écosse, l’Alberta et la Colombie-Britannique. Les SRI servent surtout aux investisseurs américains, car une SRI peut être traitée comme une entité transparente aux fins de l’impôt américain tout en restant une société canadienne aux fins de l’impôt canadien.

Une SRI est un outil spécialisé, et non une version améliorée de la société ordinaire. Le registre de la Nouvelle-Écosse lui-même décrit la société à responsabilité illimitée comme une structure surtout utilisée dans des opérations internationales complexes. Ce guide explique le fonctionnement des SRI dans chaque province, leurs coûts de constitution et de maintien, et les questions à soulever avec votre fiscaliste et votre avocat.

Qu’est-ce qu’une société à responsabilité illimitée ?

Une société canadienne ordinaire offre à ses actionnaires une responsabilité limitée : ils peuvent perdre leur mise, mais les créanciers ne peuvent généralement pas les poursuivre personnellement. Une SRI supprime ce bouclier. Selon la province, les actionnaires peuvent être tenus de payer les dettes de la société lors de sa liquidation ou de sa dissolution, ou pour l’ensemble de ses obligations.

À tous les autres égards, une SRI est une société par actions. Elle a des administrateurs, des actions, des statuts et une personnalité juridique distincte. Elle peut posséder des biens, signer des contrats et employer du personnel, et elle produit des déclarations de revenus de société au Canada.

Pourquoi les investisseurs américains utilisent-ils une SRI au Canada ?

La principale raison est la classification fiscale. Selon les règles américaines de classification des entités dites « check-the-box », une SRI canadienne peut généralement choisir d’être ignorée ou traitée comme une société de personnes aux fins de l’impôt américain, alors qu’une société canadienne ordinaire est traitée comme une société. Une société mère américaine ou un propriétaire particulier américain peut ainsi déclarer directement les revenus et les pertes de la SRI, ce qui peut faciliter l’utilisation des crédits pour impôt étranger et des pertes.

Au Canada, la SRI reste une société canadienne imposable. Ce décalage, société dans un pays et entité transparente dans l’autre, est tout l’intérêt de la structure. Il crée aussi des complications au regard de la convention fiscale Canada–États-Unis, abordées plus bas.

La pertinence d’une SRI dépend de votre situation fiscale aux États-Unis et au Canada. Cette analyse revient à un fiscaliste spécialisé en fiscalité transfrontalière, avant la constitution et non après.

Quelles provinces permettent les SRI ?

Seulement trois. Les sociétés ontariennes et les sociétés fédérales régies par la LCSA (CBCA) ne peuvent pas être des SRI.


Nouvelle-Écosse

Alberta

Colombie-Britannique

Loi

Companies Act

Business Corporations Act, partie 2.1 (art. 15.1 à 15.9)

Business Corporations Act, partie 2.1 (art. 51.1 à 51.9)

Appellation

Unlimited company

Unlimited liability corporation

Unlimited liability company

Élément de la dénomination

Tel qu’approuvé par le registre

« Unlimited Liability Corporation » ou « ULC »

« Unlimited Liability Company » ou « ULC »

Droits gouvernementaux de constitution

Taxe de constitution de 1 144,90 $

Fixés dans le Registry Agent Product Catalogue, plus les frais de service de l’agent

1 000 $

Coût annuel

Taxe d’enregistrement annuelle de 1 144,90 $

Droits du rapport annuel

Droits du rapport annuel

Responsabilité des actionnaires

Illimitée, jusqu’à un an après la dissolution

Illimitée et solidaire, pour toute obligation, tout acte ou tout manquement

Solidaire, pendant la liquidation et après la dissolution

Exigence locale

Siège social en N.-É. et agent reconnu résidant en N.-É.

Siège social en Alberta

Siège social en C.-B.

À titre de comparaison, une société à responsabilité limitée ordinaire de la Nouvelle-Écosse coûte 200 $ à constituer et 118,35 $ par an à renouveler, et une société ordinaire de la C.-B. coûte 350 $. Le surcoût des SRI est important, surtout la taxe annuelle de la Nouvelle-Écosse.

En quoi les SRI de la Nouvelle-Écosse, de l’Alberta et de la C.-B. diffèrent-elles ?

Unlimited company de la Nouvelle-Écosse

La constitution d’une unlimited company en Nouvelle-Écosse exige un acte constitutif et des statuts (Memorandum and Articles of Association), une déclaration solennelle, un avis des administrateurs et dirigeants, la nomination d’un agent reconnu et un avis de siège social. Le nom doit d’abord être réservé et approuvé.

Le coût est le principal inconvénient : 1 144,90 $ à la constitution et 1 144,90 $ chaque année ensuite. Le registre de la Nouvelle-Écosse précise que la responsabilité des actionnaires pour les dettes de la société est illimitée jusqu’à un an après la dissolution de la société. Lisez notre guide de constitution en Nouvelle-Écosse pour la démarche générale, ou voyez la constitution en Nouvelle-Écosse.

Unlimited liability corporation de l’Alberta

Les règles albertaines sur les SRI figurent aux articles 15.1 à 15.9 de la Business Corporations Act de la province. Les statuts doivent indiquer que la responsabilité de chaque actionnaire pour toute obligation, tout acte ou tout manquement de la société est illimitée quant à son étendue et solidaire quant à sa nature. C’est la responsabilité la plus large des trois provinces, car elle n’est pas liée à une liquidation.

Les anciens actionnaires bénéficient d’une certaine protection. Un ancien actionnaire n’est responsable que des obligations qui existaient à son départ, et seulement si une réclamation est intentée dans les deux ans suivant la date où il a cessé d’être actionnaire. Les dépôts en Alberta passent par un agent d’enregistrement, qui facture des frais de service en plus des droits gouvernementaux. Voyez la constitution en Alberta.

Unlimited liability company de la Colombie-Britannique

Une société de la C.-B. devient une SRI en incluant dans son avis de statuts (notice of articles) une déclaration prescrite : les actionnaires sont solidairement responsables des dettes de la société dans la mesure prévue à l’article 51.3. La même déclaration doit figurer sur chaque certificat d’actions. La C.-B. facture 1 000 $ pour constituer une SRI par Corporate Online, contre 350 $ pour une société à responsabilité limitée.

Selon l’article 51.3, les actionnaires et anciens actionnaires doivent contribuer aux dettes de la société en cas de liquidation, et sont responsables envers les créanciers après la dissolution. Les anciens actionnaires ne sont responsables que si les actionnaires actuels ne peuvent pas payer, pas des dettes nées après leur départ, et pas dans une liquidation qui commence un an ou plus après leur départ. Voyez la constitution en C.-B..

Quel est l’enjeu de la convention fiscale Canada–États-Unis pour les SRI ?

Les protocoles à la convention fiscale Canada–États-Unis, signés le 21 septembre 2007, ont ajouté l’article IV(7). Le paragraphe b) peut refuser les avantages de la convention sur un montant qu’un résident américain reçoit d’une entité canadienne que les États-Unis considèrent comme fiscalement transparente, lorsque le traitement fiscal américain diffère de celui qui s’appliquerait si l’entité n’était pas transparente.

Une SRI correspond à cette description. En pratique, la règle peut priver de taux de retenue réduits prévus par la convention certains dividendes, intérêts et autres paiements versés par une SRI à ses propriétaires américains, ce qui laisse s’appliquer le taux de retenue canadien intérieur, plus élevé. Il existe des techniques de planification pour gérer ce problème, et l’ARC s’est prononcée sur plusieurs d’entre elles. Les détails évoluent et dépendent des faits; c’est donc une question pour un fiscaliste transfrontalier, pas pour un modèle.

Quels sont les risques d’une SRI ?

  • Exposition personnelle. Les actionnaires peuvent perdre plus que leur mise. Beaucoup d’investisseurs américains détiennent les actions de la SRI par l’intermédiaire de leur propre entité à responsabilité limitée, qu’un avocat devrait mettre en place.
  • Coût plus élevé. Les droits gouvernementaux sont beaucoup plus élevés que pour une société ordinaire, surtout en Nouvelle-Écosse.
  • Complexité fiscale. La règle de la convention ci-dessus, et la nécessité de garder la cohérence entre les déclarations américaines et canadiennes.
  • Inutile pour des Canadiens seuls. Une entreprise appartenant à des Canadiens ne gagne généralement rien avec une SRI et assume une responsabilité illimitée.

Peut-on convertir une société en SRI, ou une SRI en société ordinaire ?

Oui, dans certaines limites. Chaque province a ses règles sur la conversion et la prorogation des SRI.

  • C.-B., société à responsabilité limitée vers SRI : modifier l’avis de statuts pour ajouter la déclaration de SRI et changer la dénomination. Tous les actionnaires doivent approuver par résolution unanime, qu’ils aient droit de vote ou non, et remettre leurs certificats d’actions pour annotation. Les actionnaires deviennent alors responsables des dettes nées avant et après le changement.
  • C.-B., SRI vers société à responsabilité limitée : modifier l’avis de statuts pour retirer la déclaration et changer la dénomination. L’article 51.3 continue de régir la responsabilité pour la période où la société était une SRI.
  • Alberta : une société à responsabilité limitée peut modifier ses statuts pour devenir une SRI, et une SRI peut se convertir en société à responsabilité limitée. Les actionnaires de l’ancienne SRI restent responsables sans limite des obligations existant au moment de la conversion.
  • Prorogation en C.-B. : une société étrangère ne peut être prorogée en C.-B. comme SRI que si elle est une SRI de l’Alberta, une unlimited company de la Nouvelle-Écosse ou un type de société prescrit.

Une société ontarienne ou fédérale existante qui souhaite obtenir le statut de SRI devrait d’abord être prorogée dans l’une des trois provinces. Les prorogations ont des conséquences fiscales; obtenez donc des conseils avant de commencer. Pour le choix du ressort en général, voyez notre guide sur la constitution fédérale ou provinciale et notre guide de constitution pour les non-résidents.

Comment constituer une SRI ?

  1. Obtenez des conseils fiscaux transfrontaliers sur la pertinence d’une SRI et l’effet de la règle de la convention.
  2. Choisissez la province : Nouvelle-Écosse, Alberta ou C.-B., selon le coût et le régime de responsabilité.
  3. Décidez qui détiendra les actions, souvent une entité américaine à responsabilité limitée.
  4. Réservez le nom, ou utilisez une dénomination numérique lorsque c’est permis.
  5. Préparez les documents constitutifs avec la déclaration de responsabilité de SRI requise.
  6. Désignez un siège social et, en Nouvelle-Écosse, un agent reconnu.
  7. Déposez et payez les droits de SRI, puis organisez la société et son livre des procès-verbaux.

Notre équipe, supervisée par des avocats, peut constituer votre société en Nouvelle-Écosse, en Alberta ou en C.-B., préparer le livre des procès-verbaux et les règlements administratifs, et mettre en place la structure d’actions.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une SRI (ULC) au Canada ?

Une société à responsabilité illimitée : une société dont les actionnaires peuvent être personnellement responsables de ses dettes. Les SRI ne peuvent être constituées qu’en Nouvelle-Écosse, en Alberta et en Colombie-Britannique.

Pourquoi choisir une responsabilité illimitée ?

Surtout pour des raisons fiscales américaines. Une SRI peut être traitée comme une entité transparente aux fins de l’impôt américain tout en restant une société canadienne, ce qui peut avantager les propriétaires américains. Les propriétaires limitent souvent leur exposition en détenant les actions par leur propre entité à responsabilité limitée.

Puis-je constituer une SRI en Ontario ou au fédéral ?

Non. Ni la Loi sur les sociétés par actions de l’Ontario ni la LCSA ne prévoient de SRI. Vous constitueriez la société en Nouvelle-Écosse, en Alberta ou en C.-B., puis l’enregistreriez comme société extraprovinciale là où vous exercez vos activités.

Combien coûte une SRI en Nouvelle-Écosse ?

Le gouvernement perçoit une taxe de constitution de 1 144,90 $ et une taxe d’enregistrement annuelle de 1 144,90 $, plus les frais de réservation du nom.

Combien coûte une SRI en C.-B. ?

La C.-B. facture 1 000 $ pour constituer une SRI, contre 350 $ pour une société ordinaire. Des rapports annuels sont ensuite déposés chaque année.

Les actionnaires d’une SRI sont-ils toujours personnellement responsables ?

Cela dépend de la province. En C.-B. et en Nouvelle-Écosse, la responsabilité naît surtout lors de la liquidation ou de la dissolution. En Alberta, elle est illimitée et solidaire pour toute obligation de la société. Les anciens actionnaires bénéficient d’une protection limitée dans chaque province.

La convention fiscale Canada–États-Unis s’applique-t-elle aux dividendes d’une SRI ?

Pas toujours. L’article IV(7)b) peut refuser les taux réduits de la convention sur certains paiements d’une SRI à des propriétaires américains. Obtenez des conseils fiscaux transfrontaliers avant de verser des dividendes ou des intérêts.

Sources : Nouvelle-Écosse : constituer une unlimited company ; barème des droits du RJSC ; Business Corporations Act (Alberta) (art. 15.1 à 15.9) ; Business Corporations Act (C.-B.) (art. 51.1 à 51.8) ; BC Registries : sociétés constituées ; Convention fiscale Canada–États-Unis (codifiée), art. IV(7). Vérifié en octobre 2026. Renseignements généraux, et non des conseils juridiques ou fiscaux.

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